{"id":2574,"date":"2022-02-27T01:10:00","date_gmt":"2022-02-27T01:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/trait-dunion.com.tn\/?p=2574"},"modified":"2023-03-27T01:13:25","modified_gmt":"2023-03-27T01:13:25","slug":"ces-italiens-de-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/trait-dunion.tn\/?p=2574","title":{"rendered":"Ces Italiens de Tunisie\u2026"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">Vers\u00a0 la fin du XIXe si\u00e8cle l\u2019Italie conna\u00eet un grand mouvement migratoire qui portera ses citoyens \u00e0 chercher fortune ailleurs. Si les destinations d\u2019outre- Atlantique sont celles qu\u2019ont accueillies la majeure partie de cette \u00e9migration, les pays de la rive m\u00e9ridionale de la M\u00e9diterran\u00e9e ont connu aussi l\u2019installation de communaut\u00e9s d\u2019\u00e9migr\u00e9s italiens. Les travaux financ\u00e9s par les puissances coloniales fran\u00e7aise et anglaise avaient attir\u00e9 dans toute l\u2019Afrique m\u00e9diterran\u00e9enne un nombre \u00e9lev\u00e9 d\u2019ouvriers pour la plupart provenant de Sicile, Sardaigne et de l\u2019Italie du Sud. La Tunisie \u00e9tait le pays africain avec le plus grand nombre d\u2019immigr\u00e9s italiens, en 1905 ils \u00e9taient environ 90 000. Apr\u00e8s la Tunisie, l\u2019Egypte \u00e9tait la destination africaine pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de ceux qui d\u00e9laissaient la P\u00e9ninsule. L\u2019installation des Italiens dans le protectorat fran\u00e7ais ne concernait pas seulement le cadre urbain de la ville de Tunis o\u00f9 ils \u00e9taient tr\u00e8s nombreux et avaient form\u00e9 des quartiers ethniques_ mais aussi les campagnes et les mines de l\u2019int\u00e9rieur. Les \u00e9tudes de Gianni Marilotti1\u00a0 sur la pr\u00e9sence des ouvriers sardes dans les mines des phosphates de Gafsa, K\u00e2ala Djerda, Metlaoui et celles de Daniela Melfa 2 sur les agriculteurs et vignerons siciliens dans les r\u00e9gions de Kelibia, Enfida, Mornaguia et Zaghouan d\u00e9montrent la composition r\u00e9gionale de cette \u00e9migration prol\u00e9taire. Une des diff\u00e9rences avec l\u2019\u00e9migration italienne d\u2019outre-Atlantique \u00e9tait que les contacts m\u00e9diterran\u00e9ens avaient une histoire plus longue et donc plus stratifi\u00e9e : en Tunisie, par exemple, il y a eu des pr\u00e9sences italiennes \u2013 ou italophones \u2013 qui dataient au moins de l\u2019\u00e9poque moderne et qui occupaient des positions ais\u00e9es dans le contexte beylical pr\u00e9colonial3. Les \u00e9migr\u00e9s prol\u00e9taires du XIXe si\u00e8cle trouv\u00e8rent donc une \u00e9lite italienne fruit des contacts pluri-s\u00e9culaires entre les deux rivages. Les descendants des p\u00e9cheurs g\u00e9nois du corail qui s\u2019\u00e9taient install\u00e9s \u00e0 Tabarka au XVIe si\u00e8cle, les Juifs s\u00e9farades de Livourne \u2013 les Gr\u00e2na 4 \u2013 venus \u00e0 Tunis vers le XVIIe si\u00e8cle, les prisonniers des corsaires barbaresques, les patriotes du Risorgimento exil\u00e9s, form\u00e8rent au XIXe si\u00e8cle un groupe d\u00e9j\u00e0 bien int\u00e9gr\u00e9 dans le syst\u00e8me tunisien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">\u00c0 l\u2019instar des \u00e9tudes sur le nationbuilding des historiens Hobsbwam, Mosse, Banti, Thiesse 6 et en adoptant la perspective de \u00abcommunaut\u00e9s imagin\u00e9es \u00bb de Anderson7, notre&nbsp; vise \u00e0 montrer si et sous quelle forme se structure dans ce contexte d\u2019\u00e9migration un processus de construction nationale. Bien entendu, le rapport entre les \u00e9lites et les classes sociales moins ais\u00e9es de la plus r\u00e9cente immigration est au centre de l\u2019int\u00e9r\u00eat de la recherche. Le but est l\u2019analyse des structures, des raisons et des dynamiques sociales du sentiment d\u2019identit\u00e9 collective. Si les identit\u00e9s collectives sont des produits d\u2019imagination sociale, cela est encore plus vrai et concret dans un contexte migratoire o\u00f9 on veut construire ou affirmer une identit\u00e9 nationale, donc un lien social collectif mais exclusif, dans un milieu \u00e9tranger. Comment ces populations g\u00e9raient-elles leur identit\u00e9 italienne dans le contexte de la colonisation fran\u00e7aise ? C\u2019est-\u00e0-dire, avec Balandier8, dans une soci\u00e9t\u00e9 segment\u00e9e selon crit\u00e8res des ethniques qui interagissaient avec des divisions sociales et \u00e9conomiques. L\u2019\u00e9tude de l\u2019interaction de l\u2019imaginaire italien avec les dynamiques sociales d\u2019une communaut\u00e9 expatri\u00e9e permet d\u2019analyser concr\u00e8tement la construction d\u2019une identit\u00e9 collective. Une th\u00e9matique centrale est sans doute le concept d\u2019italianit\u00e9 vu comme l\u2019ensemble des caract\u00e8res imagin\u00e9s ou r\u00e9els, des r\u00e9f\u00e9rences culturelles et sociales, st\u00e9r\u00e9otypes \u2013 internes et externes \u2013. L\u2019imaginaire national pr\u00e9sent\u00e9 comme un syst\u00e8me in\u00e9branlable de valeurs, traditions et qualit\u00e9s du peuple italien, se modifie en se positionnant par rapport aux besoins du moment et au contexte. L\u2019italianit\u00e9 du Risorgimento \u00e9tait bien diff\u00e9rente de celle imp\u00e9rialiste du 1911, de celle fasciste ou de celle r\u00e9publicaine. \u00c0 cette \u00e9volution diachronique il faut ajouter des variations, des nuances, par rapport aux lieux o\u00f9 l\u2019id\u00e9e \u201cd\u2019Italie\u201d devait \u00eatre pratiqu\u00e9e. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle il \u00e9tait qualitativement diff\u00e9rent de se proclamer Italien en Italie, aux Etats-Unis, en \u00c9rythr\u00e9e, ou \u00e0 Tunis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">Le cas de l\u2019\u00e9migration italienne en Tunisie pr\u00e9sente donc des particularit\u00e9s qui la rendent unique : pays de colonisation fran\u00e7aise mais dans lequel la population italienne est majoritaire d\u00e9mographiquement par rapport aux colonisateurs. La situation est rendue encore plus tendue par des revendications colonialistes que l\u2019Italie avait envers la Tunisie et qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es par l\u2019expansionnisme fran\u00e7ais. Le choc de 1881, \u2018lo schiaffo di Tunisi\u2019 avait fait d\u00e9missionner le gouvernement Cairoli et chang\u00e9 le cours diplomatique des rapports franco-italiens. Avec la successive normalisation des rapports entre les deux pays, certains secteurs de l\u2019opinion publique italienne ne cessaient pas de regarder la Tunisie comme une sorte de \u2018colonie manqu\u00e9e\u2019, signe de la faiblesse italienne dans la politique coloniale. Dans certains milieux \u00e9mergeait l\u2019id\u00e9e de la Tunisie comme exemple des avantages et des succ\u00e8s qui pouvait avoir une colonisation italienne en Afrique. La Tunisie devient ainsi la justification des aspirations italiennes en Afrique et notamment, en Tripolitaine. Les propri\u00e9t\u00e9s agricoles italiennes pr\u00e9sentes dans les r\u00e9gions tunisiennes, les activit\u00e9s des bourgeois, des p\u00eacheurs, des ouvriers dans la construction des infrastructures \u2013 en grande majorit\u00e9 des Siciliens \u2013 t\u00e9moignaient de l\u2019importance de l\u2019\u00e9l\u00e9ment italien en Afrique bien que subordonn\u00e9 \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 fran\u00e7aise. En 1887 Paul Leroy- Beaulieu dans son livre sur la colonisation fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie et Tunisie \u00e9crit \u00e0 propos des mesures \u00e0 prendre \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Italiens en Tunisie: \u00ab\u2026il faudra, toutefois, prendre quelques pr\u00e9cautions pour que la France ne couve pas en Tunisie un \u0153uf italien\u2026\u00bb. La pr\u00e9pond\u00e9rance d\u00e9mographique des Italiens et leur concours direct au d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9conomie coloniale dans le cadre du syst\u00e8me fran\u00e7ais, \u00e9tait objet d\u2019accusation, de revendications et de tensions entre l\u2019Italie et la France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">Si les autorit\u00e9s fran\u00e7aises craignaient un \u2018p\u00e9ril italien\u2019, Rome ne voulait pas laisser une communaut\u00e9 si importante tant d\u2019un point de vue \u00e9conomique que politique, \u00e0 l\u2019assimilation fran\u00e7aise. Les questions d\u2019appartenance ethnique et nationale se chargent des significations sp\u00e9cifiques dans la R\u00e9gence, li\u00e9es aux ambitions italiennes en Afrique et aux rapports franco-italiens. La Tunisie rentrait dans un certain discours colonialiste italien maintenu vivant par les nationalistes, comme Corradini et Castellini10, et qui sera reprit lors du fascisme. L\u2019\u00e9migration des Siciliens et des Sardes en Tunisie \u00e9tait interpr\u00e9t\u00e9e selon la rh\u00e9torique colonialiste italienne comme un signe de l\u2019expansionnisme du peuple italien. L\u2019union des capitaux et de l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise avec le travail des ouvriers italiens s\u2019inscrivait dans l\u2019id\u00e9e de \u2018l\u2019Afrique latine\u2019, qui incluait dans la m\u00eame classe de colonisateurs les Fran\u00e7ais et les Italiens. La Tunisie des \u00e9migr\u00e9s italiens entrait ainsi dans l\u2019imaginaire colonialiste de Rome, en devenant ainsi un espace qu\u2019on pourrait d\u00e9finir de \u2018transcolonial\u2019 pour sa fonction de contact entre les deux colonialismes. En outre, on veut consid\u00e9rer le cas italo-franco- tunisien comme un trait d\u2019union entre l\u2019\u00e9migration, la colonisation et le colonialisme dans la complexit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 coloniale. L\u2019hypoth\u00e8se est de voir dans le cas tunisien \u2013 pour certains aspects et contextes \u2013 un exemple de colonisation italienne sous le colonialisme fran\u00e7ais. Avec le terme colonialisme on fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 tout un syst\u00e8me et \u00e0 un dispositif de pouvoir de domination et assujettissement culturel et mat\u00e9riel, comme trac\u00e9 par Edward Sa\u00efd11, en le distinguant de celui de \u2018colonisation\u2019 auquel on donne une signification plus concr\u00e8te d\u2019installation, production et reproduction, dans un territoire par une population allog\u00e8ne. Wolfgang Reinhard12 souligne que c\u2019est un \u00e9v\u00e9nement tr\u00e8s rare, presque impossible, dans l\u2019histoire contemporaine un processus de colonisation sans colonialisme. Si l\u2019on peut \u00eatre d\u2019accord avec l\u2019historien allemand il faut ajouter pourtant que le cas tunisien ne peut tenir bien d\u2019exemple en r\u00e9v\u00e9lant une situation mixte, dans laquelle le colonialisme d\u2019une minorit\u00e9 europ\u00e9enne g\u00e8re, outre l\u2019exploitation coloniale des ressources du pays et ses habitants, la colonisation faite par une autre minorit\u00e9 europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">La Tunisie avait \u00e9t\u00e9 pour l\u2019Italie une \u2018colonie perdue\u2019 mais la pr\u00e9sence&nbsp; d\u2019Italiens \u00e9migr\u00e9s ne permettait pas d\u2019oublier totalement ce pays m\u00e9diterran\u00e9en si proche de la P\u00e9ninsule. Si la Tunisie \u00e9tait une \u2018colonie perdue\u2019, les Italiens de Tunisie formaient une \u2018colonie dans la colonie\u2019 que, pourtant, Rome ne voulait pas perdre. L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du terme italien de \u2018colonie\u2019, utilis\u00e9 \u2013 \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u2013 tant pour les communaut\u00e9s expatri\u00e9es (comme en Argentine) que pour les possessions d\u2019outremer (\u00c9rythr\u00e9e, Somalie), a \u00e9t\u00e9 un moyen pour l\u2019\u00e9lite lib\u00e9rale italienne d\u2019encadrer les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger dans une g\u00e9n\u00e9rique Italie d\u2019outre-mer. L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du terme correspond, pour le cas \u00e9tudi\u00e9, \u00e0 une incertitude du positionnement de la pr\u00e9sence italienne dans cette situation coloniale : \u00e9taient-ils plus des colonisateurs ou des \u00e9migr\u00e9s ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">Dans l\u2019espace social colonial les Italiens se trouvaient entre la classe dominante des colonisateurs fran\u00e7ais et celle domin\u00e9e des colonis\u00e9s tunisiens. Revendiquer l\u2019italianit\u00e9 dans la Tunisie coloniale stigmatisait une condition interm\u00e9diaire dans laquelle des ouvriers europ\u00e9ens partageaient avec la population locale tunisienne de conditions sociales et \u00e9conomiques similaires. Si le prol\u00e9tariat italien de Tunisie \u00e9tait beaucoup plus proche des Tunisiens que des Fran\u00e7ais, il ne faut pas oublier la segmentation sociale ethnique typique d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 coloniale. Les Europ\u00e9ens, m\u00eame si \u2018rivales\u2019 ou concurrents partageaient une m\u00eame condition de privil\u00e8ge, directement ou indirectement, dans l\u2019espace colonial. Des \u00e9migr\u00e9s sentimentalement proches des colonisateurs mais dont la pauvret\u00e9 \u00e9conomique, les rapproche des colonis\u00e9s. Cette ambigu\u00eft\u00e9 deviendra encore plus paradoxale lors de l\u2019invasion italienne en Libye. La circulation de pratiques et des discours dans l\u2019espace colonial tunisien permet d\u2019analyser la Tunisie et ses Italiens comme un trait d\u2019union entre \u00e9migration et colonialisme, et, lors de la guerre de Libye, comme point de contact entre les colonialismes fran\u00e7ais et italien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">Gabriele MONTALBANO<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" dir=\"ltr\">est doctorant contractuel Section des Sciences Historiques et Philologiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Firence.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vers\u00a0 la fin du XIXe si\u00e8cle l\u2019Italie conna\u00eet un grand mouvement migratoire qui portera ses citoyens \u00e0 chercher fortune ailleurs. 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